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TenantsPublié le 7 mars 2018

S’enraciner dans un quartier à travers un chemin de vie aux multiples branches

La communauté de la SHDM regroupe entre autres plus de 4 700 locataires. Nous partageons ici un témoignage d’une membre et locataire d’un logement géré pour la SHDM par la Société de développement d’habitation communautaire (SODHAC) qui parle de son histoire et de sa relation au quartier Côte-des-Neiges, dans lequel la SHDM est propriétaire de nombreuses unités locatives abordables. Ni HLM ni logements luxueux, ses logements répondent aux besoins en habitation de plus de 8 000 Montréalais et participent à la mixité et à la vitalité de nos quartiers.

Madjiguène vit avec deux de ses enfants âgés de 21 et 25 ans dans l’arrondissement de de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG). « Cela fera bientôt 20 ans que je vis ici » explique-t-elle. Rencontrée lors d’un atelier d’horticulture offert aux locataires par la SHDM et animé par Sentier Urbain à quelques pas de son appartement, Madjiguène nous raconte son histoire qui fait ressortir son sentiment d’appartenance à ce quartier qui a vu grandir et évoluer sa famille.

 

Originaire du Sénégal, elle est arrivée à Montréal pour la première fois en 1994. « Je me suis mariée à Dakar. Mon mari est venu le premier à Montréal avec notre enfant aîné pour faire son doctorat en psychologie des sports. Je l’ai rejoint environ dix ans plus tard avec nos deux plus jeunes et nous avons eu notre dernier garçon ici. J’ai deux filles et deux garçons, âgés aujourd’hui de 21 à 39 ans » souligne-t-elle. « Nous nous sommes d’abord installés dans ce quartier à quelques rues d’ici, puis, mon mari voulant vivre dans quelque chose de plus grand, nous sommes partis en périphérie de Montréal. Cela n’a duré que quelques mois seulement, car il est décédé d’une crise cardiaque. À la suite de cet événement, j’ai décidé de revenir dans cet arrondissement, car j’y trouvais plusieurs repères et je m’y sentais bien ». En 1998, elle s’est donc installée dans un logement de la SHDM et y est encore près de vingt plus tard.

Attachée à son quartier, Madjiguène profite aussi régulièrement de son pays d’origine. « Depuis quelques années, je pars plusieurs mois au Sénégal pour éviter l’hiver québécois » explique-t-elle tout sourire alors qu’elle s’apprête sereinement à laisser dans quelques semaines ses grands enfants à Montréal dont le plus jeune est encore aux études. « À Dakar, il y a toute ma famille, ma mère, mes frères, sœurs, oncles et tantes. Je suis très attachée au Sénégal, même si je me sens aussi canadienne et que je suis bien ici » poursuit-elle. En effet, les quatre enfants de Madjiguène vivent au Québec, à Montréal, sauf pour son aîné qui s’est établi à Joliette. Ce dernier est papa de deux jumeaux de 5 ans. « Ça bouge à cet âge-là! » dit rieuse Madjiguène, chez qui on devine une certaine résilience et une joie de vivre sereine.

« J’aime ce quartier, car on est vraiment en ville. Il y a du monde, différentes cultures et de la vie. C’est un quartier très ouvert. Il y a aussi le métro, les universités, les écoles, les commerces » témoigne Madjiguène. « Lorsque mes enfants étaient petits, le quartier était aussi très vivant et familial. Je me souviens par exemple que les enfants allaient et venaient d’appartement en appartement, les uns chez les autres. Une amie venait aussi chaque matin chercher ma fille pour aller à l’école ensemble » poursuit-elle. Plusieurs organismes communautaires y ont pignon sur rue afin de soutenir les familles et les immigrants fortement représentés dans l’arrondissement. « La communauté sénégalaise est assez importante ici et j’ai aimé m’y impliquer à travers différentes associations. Aussi, lorsque mes enfants étaient plus jeunes, nous fréquentions Le Baobab familial, qui est un organisme qui accueille les familles et offre de l’aide aux devoirs, une garderie et différentes activités communautaires. La fondatrice, Marie-Rosaire Kalanga, se faisait d’ailleurs tresser par ma fille qui faisait ça pour se faire un peu d’argent de poche! » se remémore Madjiguène. La vie d’expatriés et d’immigrants est une réalité importante de la population de Montréal et plus particulièrement dans l’arrondissement de CDG-NDG. En effet, près de la moitié des résidents de cet arrondissement sont issus de l’immigration et plusieurs de ses quartiers sont connus comme lieu d’accueil pour les nouveaux arrivants.

 

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, soulignons non seulement le courage de toutes ces mères monoparentales, mais aussi de toutes ces immigrantes qui s’impliquent dans leur quartier montréalais puisqu’elles s’y sentent chez elles.

Merci à Madjiguène pour sa générosité et pour avoir accepté de livrer ce témoignage.

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